Fin 2018, l’ensemble des experts financiers prévoyaient une tendance à la hausse des taux du crédit immobilier sur 2019. Ces discours alarmistes ne semblent pas tenir leurs promesses pour le moment, mais nous ne sommes encore qu’à mi-parcours du premier trimestre. Quelles sont les évolutions à prévoir et les conséquences sur le marché de l’immobilier ? La question reste ouverte !

La tendance 2019 pour les taux du crédit immobilier

Taux du crédit immobilierLe début de l’année a été marqué par une relative stabilité des taux du crédit immobilier. Est-ce à dire que la situation va durer ? Non, normalement, car certains facteurs concourent à leur remontée dans le cours de l’année. Voyons comment les choses se profilent.

2019 n’a pas démarré sous les chapeaux de roue, les taux affichés par les banques ayant maintenu leur stabilité. Les taux moyens oscillent encore entre 1,5 % pour les prêts sur 15 ans et 1,6 % pour les prêts sur 20 ans. De petits mouvements ont été constatés dans des établissements comme les caisses régionales, avec de très légères hausses, autour de 0,05 %, ou de très légères baisses pour certaines banques. Fin 2018, les taux du crédit immobilier, toutes durées confondues, restaient sensiblement identiques à ceux de 2017. Ce niveau vraiment planché contraste avec ceux des décennies précédentes : on pense aux taux historiques de 2008, excédant les 5 %.

Cette relative stabilité se serait-elle qu’un grand calme annonciateur de la tempête ? Nombre d’experts l’affirment, même si de nombreux facteurs tendent à faire mentir les prévisions des hausses annoncées l’année dernière. Il existe plusieurs raisons à cela.
La BCE annonçait fin 2018, une hausse des taux directeurs, relatifs à l’inflation. Mais, depuis quelques semaines, un trou d’air conjoncturel a contrarié cette perspective. La remontée des taux directeurs n’est pas pour demain, compte tenu du contexte économique : pas de reprise et une inflation qui reste limitée.
Par conséquent, la hausse des taux du crédit immobilier attendue sur 2019 ne devrait pas dépasser la barre symbolique des 2 %. Les marchés financiers devant encore permettre aux banques de trouver des liquidités à bas coûts, leur permettant de financier les projets immobiliers des particuliers. Ceux-ci auraient jusqu’au printemps 2019 pour profiter de taux intéressants, car le crédit immobilier est, ne l’oublions pas, le principal atout des banques pour capter de nouvelles clientèles.

Les conséquences sur le marché de l’immobilier

Les taux du crédit immobilier relativement stables en ce début d’année, permettent au marché de se maintenir. Le volume des emprunts se maintient, grâce notamment aux primo-accédants qui dynamisent beaucoup le marché. Mais une remontée des taux du crédit immobilier pourrait les affecter et faire chuter le marché.

2 mesures risquent en 2019 de porter un coup à l’arrivée des primo-accédant sur le marché.
La suppression des APL accession en est la première, ainsi que certaines modifications dans le dispositif du PTZ (ou prêt à taux 0 ) qui se resserre sur certaines grandes agglomérations.

La remontée des taux du crédit immobilier devrait être compensée sur l’année 2019 ; par une baisse du prix des biens. Elle devrait contribuer à maintenir le moral des Français avec quelques autres mesures.
On pense en particulier au dispositif de défiscalisation loi Pinel 2019, qui devrait continuer d’encourager les ménages désireux d’investir (plus d’infos sur ce dispositif sur le blog : https://www.immoz.info/).
La loi Élan, relative à la simplification des normes de construction, devrait contribuer à élargir l’offre de logements disponibles à l’achat et donc peser favorablement sur la baisse des prix. Enfin, la baisse des impôts locaux, planifiée par le gouvernement Macron, présage d’une embellie sur le moral des Français, pour compenser, dans la seconde partie de l’année, une hausse des taux du crédit immobilier.

La question du prélèvement à la source revient aussi dans les principales préoccupations des Français. La déduction directe de l’impôt sur le revenu effectuée sur leur salaire, devrait entamer le montant du revenu disponible chaque mois, qu’ils prennent en compte dans leurs prévisions de remboursement. Cependant, bien qu’averties du taux d’imposition des candidats au prêt, les banques affirment ne pas en tenir compte dans le calcul des capacités d’emprunt.

Les changements de la politique européenne annoncés tardent à se réaliser pour l’instant sur la hausse des taux d’intérêt. Un répit de quelques mois sans doute pour profiter encore des taux très bas du marché.